A quoi sert l’IAB ?

Nous sommes nombreux à nous demander à quoi sert l’IAB alors que d’autres associations couvrent déjà la plupart des sujets digitaux : UDA, UDECAM, AACC, SRI, Geste… les organisations sont nombreuses et très efficaces dans leurs domaines respectifs. L’IAB est la synthèse de toutes ces associations puisqu’elle n’a pas plus d’intérêt à défendre les agences que les annonceurs, les régies ou les entreprises de l’AdTech.

Le principe fondateur de l’IAB est justement de coordonner tous les professionnels du digital qu’ils soient start up, grands groupes, entreprises internationales ou locales. C’est également de jouer le rôle d’autorégulateur du marché dans l’intérêt des internautes.

Souvenons-nous de la norme sur les formats publicitaires qui avait été organisée en concertation, à une époque pas si lointaine, alors que les annonceurs demandaient des formats toujours plus impactant, où chaque régie développait son format exclusif et que les pop-ups nuisaient à l’expérience internaute. Cette norme, les formats standard IAB, a permis de répondre aux enjeux de chacun et demeure encore aujourd’hui une référence dans notre quotidien. Le programme LEAN permet par ailleurs de répondre aux enjeux de l’Adblocking qui impacte fortement le revenu des éditeurs.

Alors que le nouveau règlement RGPD est en train de se mettre en place, de nombreux éditeurs, annonceurs, agences et technos ne savent pas encore comment appliquer ce règlement européen, L’IAB Europe a permis de définir une nouvelle norme marché en open source advertising.consent.eu qui est désormais adoptée dans de nombreux pays et l’IAB France doit aussi porter localement cette solution simple, gratuite et efficace.

J’ai eu l’occasion d’aller visiter l’IAB à Londres, c’est un véritable centre de rencontre et de formation pour tous les professionnels du digital, un peu à l’image de ce que l’UDA est en train de mettre en place en France pour les annonceurs grâce au formidable travail de Jean-Luc Chétrit.

Ainsi, lorsque l’on parle de disparition de l’IAB, de fusion avec d’autres associations, je pense que la conséquence directe serait de nous isoler des autres marchés Européens, qui comme nous possèdent des associations professionnelles fortes mais également un IAB qui est à l’initiative de nombreux projets, de réflexions, de partages et de formations continues.

C’est la raison pour laquelle j’ai rejoint la liste Internet Advertising Business dirigée par Christophe Dané, le projet est d’être engagé, indépendant et international.

Franck Lewkowicz

Redonner de l’importance aux expertises métiers par les commissions et groupes de travail. #iab2020

Revenir aux fondamentaux de l’IAB

une organisation au service de TOUS pour faire progresser l’ensemble des acteurs du marché tout en étant tournée vers les annonceurs et les attentes de utilisateurs finaux. L’enjeu est grand mais pas insurmontable !

Cela passera par redonner de l’importance aux expertises métiers par les commissions et groupes de travail tout en donnant à leurs responsables un rôle actif au sein de l’IAB. En effet qui n’a pas souffert depuis ces dernières années d’aller aux réunions de travail des commissions, d’y consacrer du temps, de soumettre ses idées, de travailler à des rendus, qui pour finir n’étaient pas repris … ? Pour que chacun et chaque société qui souhaitent donner du temps à l’IAB et s’y investir puisse être écoutés. Ces nouvelles commissions seront organisées autour de thématiques clés pour promouvoir et organiser la pub digitale aujourd’hui et de demain : Data Science, Formation, Affaires Publiques, Tech Lab, Start ups…

Etre au cœur de l’Europe du digital

Quant à l’international, il est important de partager et expliquer régulièrement à chacun des membres toutes les initiatives européennes et internationales. Car un grand nombre des membres actuels de l’IAB France ne sont pas filiales de grands groupes internationaux ou membre d’autres IABs, et découvrent un peu tard et souvent par voie de presse, les actions internationales. Il faut donner à chaque membre les clés de compréhension de ces projets, pour ensuite répondre aux consultations internationales et parler d’une même voie.

Par exemple, expliquer, partager et transmettre le feedback du marché français quant au nouveau cadre de Transparence proposée par l’IAB Europe dans le cadre de la mise en place de la RGPD (http://advertisingconsent.eu). Ou encore suivre les dossiers de la Coalition for Better Ads, et faire partager à l’ensemble des membres les étapes des prochaines études et recherches afin que chaque société puisse anticiper des changements potentiels.

ePrivacy ou la rançon de l’opacité

e-Privacy, un règlement en passe de bouleverser l’industrie

De plus en plus d’associations  et de sociétés de l’univers Digital, et pas seulement les acteurs Adtech/Martech, se mobilisent pour infléchir la position du législateur sur le règlement e-Privacy. Hélas, il est possible que nous partions de trop loin et trop tard… Faute d’anticipation, nous avons laissé germer dans le cerveau de nos élites des concepts et des aprioris qui risquent de nous nuire à très court terme.

Pourquoi le règlement e-Privacy est-il dangereux ?

Soyons bref et rapide, beaucoup d’encre a déjà coulé sur le sujet. L’un des points qui cristallise les risques est le changement que ce règlement prévoit d’apporter au recueil du consentement du consommateur à l’écriture d’un cookie sur son ordinateur ou son téléphone. Si ePrivacy est mis en application, les navigateurs prennent le contrôle du recueil du consentement. Les sites web, régies, technologies Adtech ou Martech devraient alors s’en remettre au navigateur pour obtenir la possibilité d’établir un lien avec les terminaux d’un consommateur et réaliser leur collecte de données. Un joli cadeau aux GAFA qui n’en demandaient pas tant. Outre ce point sur la gestion des cookies, ePrivacy contient quelques autres mauvaises nouvelles pour l’industrie dont nous pourrons reparler ultérieurement…

Comment en est-on arrivé là ?

Si un tel règlement est en passe de modifier profondément notre métier au point de remettre en cause des fondamentaux vieux de plus de 20 ans (une éternité à l’échelle digitale…), c’est majoritairement à cause du manque de transparence dont nous avons tous fait preuve et de notre incapacité à réguler nous même notre marché.

En effet, le manque de pragmatisme des règlements édictées par les autorités n’est pas dû à l’incompétence de celles-ci mais à l’incapacité de notre industrie à expliquer simplement les aspects fonctionnels de son métier, les équilibres business entre les différents intervenants et les bénéfices qu’elle apporte à la société. Car le marketing Digital apporte une valeur économique à la société mais aussi un service aux utilisateurs : sans publicité digitale, pas de contenu gratuit.

Si un règlement e-privacy vient à perturber profondément le fonctionnement du marketing digital, nous ne pourrons nous en prendre qu’à nous-même. La politique de l’Autruche, ligne directrice des acteurs du Marketing Digital depuis de longues années finit par avoir l’effet inverse…

Alors, on arrête tout et on va à la plage  ? Non. Ce danger qui nous menace a des causes simples que l’on peut adresser.

C’est pourquoi il est incontournable que l’association professionnelle qui fédère les acteurs de notre secteur prenne ce sujet à bras-le-corps. Les maux sont identifiés, reste à mettre en place une réponse structurée pour corriger le tir.

Concrètement, quel plan d’actions mettre en place ?

1 – une démarche pédagogique constructive à destination du grand public : expliquer aux medias et aux pouvoirs publics comment fonctionne notre industrie. Avoir peur de parler des vrais sujets et garder le tabou sur nos métiers s’est retourné contre nous. L’exercice est difficile mais, à trop avoir tergiversé, notre industrie se trouve menacé, donc il faut y aller.

2 – un vrai process de régulation intelligent : mettre en place une vraie mécanique de recueil du consentement facile à comprendre et à utiliser pour les consommateurs. Plus facile à dire qu’à faire, certes. Mais si nous ne le faisons pas, le législateur nous imposera une solution qui sera forcément moins adaptée qu’une vraie réponse de l’industrie. Je parle bien d’un vrai système et pas d’un écran de fumée pour donner l’illusion que notre industrie a pris conscience du sujet.

3 – des actions de lobbying coordonnées avec la communication et la régulation : au delà d’évangéliser et de réguler, il faut valoriser ces initiatives auprès des instances gouvernementales et exploiter le terreau favorable créé par la communication pour faire passer les bons messages. Mais le lobbying ne sera efficace que si le job a été fait en amont ou, tout du moins, si l’industrie monte un changement durable d’approche.

C’est ce plan d’action que nous proposons de mettre en place dans le cadre du projet #IAB2020. Rien n’est perdu, il faut que l’Autruche sorte la tête du sable et prenne le sujet à bras le corps !

Powered by WordPress.com. par Anders Noren.

Retour en haut ↑